Le décryptage des marchés de l’énergie du 19 octobre 2026

Par cyril

2 mins de lecture

Les tensions dans le Golfe ont franchi un cap cette semaine, avec un nombre record d’attaques à Ormuz et des frappes houthies jusqu’à Riyad. Le gaz poursuit sa hausse, à des niveaux records pour l’hiver comme pour 2027, et entraîne l’électricité dans son sillage :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Octobre est déjà le mois le plus violent pour la navigation à Ormuz depuis le début du conflit : au moins 12 navires ont été attaqués sur la semaine, selon l’agence maritime britannique. Washington et Téhéran revendiquent chacun le contrôle du passage, et les États-Unis n’ont pas riposté. Les flux pétroliers par le détroit restent à environ 68% de leur niveau d’avant-guerre.

Le conflit au Yémen s’étend au territoire saoudien. Les Houthis ont frappé l’aéroport de Riyad les 10 et 11 octobre. Le 13 octobre, quelques heures après une frappe de la coalition menée par l’Arabie saoudite sur un site pétrolier de Sanaa, ils ont touché un bâtiment d’Aramco à Dhahran. Le sommet entre l’Union européenne et les pays du Golfe, prévu fin octobre à Riyad, a été reporté.

Côté Russie-Ukraine, Donald Trump a annoncé le 11 octobre une « trêve énergétique » sans que les deux pays l’aient confirmée : une centrale de Kharkiv a été frappée le jour même. L’euro se reprend légèrement, de 1,120 à 1,124 $ (+0,4%), ce qui atténue un peu la hausse en euros des énergies cotées en dollars.

🔥 Gaz naturel

📈+9,0 % sur les prix de 2027 et 📈+7,7 % sur les prix de novembre 2026.

Sur le PEG (la bourse française du gaz), le contrat 2027 atteint 70,06 €/MWh, un nouveau record depuis son ouverture en juin 2023. Novembre termine à 85,88 €/MWh, son plus haut niveau, et 2028 à 44,06 €/MWh (+8,6%). La hausse gagne encore les échéances lointaines, plus nettement que la semaine dernière : +4,3% pour 2029 (32,24 €/MWh) et +3,4% pour 2030 (27,50 €/MWh).

La pression reste concentrée sur l’hiver. Le premier trimestre 2027 atteint lui aussi un record, à 85,48 €/MWh (+7,9%), près de 21 €/MWh au-dessus du trimestre d’été 2027 (juillet-septembre). Les stocks progressent à 74,2% en Europe et à 87,4% en France.

La hausse ne vient pas d’un manque de volumes immédiat : les flux norvégiens restent stables à 337 Mm³/j, les volumes de GNL livrés aux terminaux européens remontent de 3,47 à 3,83 TWh/j et les températures sont repassées au-dessus des normales (+2,5°C). Elle tient à l’hiver qui vient : l’Europe se dispute les cargaisons de GNL avec l’Asie, où le GNL livré en décembre atteint son plus haut depuis près de quatre ans, alors que celui du Golfe reste freiné par les attaques à Ormuz. Une partie des méthaniers évite aussi la mer Rouge en contournant l’Afrique, ce qui allonge les trajets.

­⚡ Electricité

📈+7,3 % sur les prix de 2027 et 📈+2,5% sur les prix de novembre 2026.

Sur les échéances annuelles, l’électricité suit le gaz : 109,61 €/MWh pour 2027 et 67,06 €/MWh pour 2028 (+6,2%). En Europe, le prix de l’électricité se cale souvent sur celui des centrales à gaz, dont le combustible a encore renchéri, et la France y est exposée par ses interconnexions avec ses voisins. Le mouvement s’atténue au-delà : +3,4% pour 2029 (60,58 €/MWh) et +1,9% pour 2030 (61,76 €/MWh).

Sur le court terme, la hausse est bien plus mesurée que celle du gaz. Novembre a culminé à 180,12 €/MWh mardi avant de revenir à 172,64 €/MWh, aidé par la douceur des températures. L’hiver concentre toujours la tension : le premier trimestre 2027 atteint un nouveau record à 169,54 €/MWh (+5,2%).