Le décryptage des marchés de l’énergie du 26 octobre 2026

Par Cyril Beaufumé

3 mins de lecture

L’hiver approche alors que les tensions avec l’Iran se poursuivent, et montent même à l’approche des élections de mi-mandat américaines. Les prix intègrent désormais un risque pour cet hiver, avec de nouveaux records sur novembre et sur le premier trimestre 2027. La hausse se confirme aussi sur les échéances 2029 et 2030, pour la troisième semaine consécutive :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Le 22 octobre, les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé avoir touché sept pétroliers dans le détroit d’Ormuz, dont trois sur des mines, ce qui serait la journée la plus lourde depuis le début du conflit. Washington conteste ce bilan : selon l’armée américaine, les couloirs maritimes ont été déminés et 95% des navires traversent le détroit. Donald Trump accuse l’Iran d’inventer de fausses frappes pour faire monter le pétrole avant les élections de mi-mandat de début novembre. Téhéran a fait savoir le 20 octobre qu’il ne reviendrait pas à la table des négociations tant que les sanctions américaines ne seraient pas levées.

L’Arabie saoudite est de plus en plus visée. Le 21 octobre, un drone qui visait le champ pétrolier de Shaybah a été intercepté, et l’aéroport de Dammam a été attaqué : chacun des deux incidents a fait deux morts. Les Houthis ont revendiqué quatre attaques contre le royaume en 48 heures, et Washington a ordonné le départ de son personnel non essentiel. Aramco a porté à 7 millions de barils par jour son oléoduc Est-Ouest, qui contourne Ormuz vers la mer Rouge. L’euro recule légèrement, de 1,124 à 1,120 $ (-0,4%) : l’effet de change reste faible sur les énergies cotées en dollars.

 

🔥 Gaz naturel

📈+7,6 % sur les prix de 2027 et 📈+7,3 % sur les prix de novembre 2026.

Sur le PEG, le contrat 2027 termine à 75,39 €/MWh, un nouveau record depuis son ouverture en juin 2023. Novembre finit à 92,12 €/MWh, son plus haut niveau, et 2028 à 47,37 €/MWh (+7,5%). La semaine n’a pas été linéaire : mardi, une proposition de paix portée par le Qatar et le Pakistan, non confirmée, a fait reculer novembre à 83,32 €/MWh, avant que les attaques des jours suivants ne relancent la hausse.

Les volumes ont aussi pesé. Un arrêt imprévu sur le champ norvégien de Troll a retiré environ 13 Mm³/j jusqu’au 24 octobre : les flux norvégiens, premier fournisseur de gaz de l’Europe, reculent de 337 à 311,7 Mm³/j. Les volumes de GNL livrés aux terminaux européens baissent de 3,83 à 3,69 TWh/j, et les températures sont revenues aux normales de saison. Les stocks français commencent à baisser (87,1%), ceux de l’Europe sont à 74,6%.

La pression reste concentrée sur l’hiver : le premier trimestre 2027 atteint un record à 91,34 €/MWh (+6,9%), près de 22 €/MWh au-dessus de l’été 2027. La hausse gagne encore les échéances lointaines : +5,9% pour 2029 (34,13 €/MWh) et +3,4% pour 2030 (28,43 €/MWh).

­⚡ Electricité

📈+7,1 % sur les prix de 2027 et 📈+11,5 % sur les prix de novembre 2026.

Le contrat de novembre progresse plus vite que le gaz, à 192,42 €/MWh, son plus haut niveau, après un creux à 167,69 €/MWh mardi. Au gaz plus cher s’ajoutent le retour des températures aux normales et un parc nucléaire qui ne se redresse plus : sa disponibilité stagne entre 37,6 et 38,9 GW depuis trois semaines, après un point bas à 32,8 GW fin septembre, loin des plus de 50 GW de juin. Davantage d’heures se paient alors au prix des centrales à gaz. Le premier trimestre 2027 atteint lui aussi un record, à 182,43 €/MWh (+7,6%).

Sur les échéances annuelles, l’électricité suit le gaz : 117,44 €/MWh pour 2027 et 69,48 €/MWh pour 2028 (+3,6%). La France y est exposée par ses interconnexions avec ses voisins, où le prix se cale plus souvent sur les centrales à gaz. Le mouvement s’atténue au-delà : +2,5% pour 2029 (62,11 €/MWh) et +2,3% pour 2030 (63,21 €/MWh).