Le décryptage des marchés de l’énergie du 29 juin 2026

Par cyril

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L’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran a rouvert le détroit d’Ormuz et fait revenir le pétrole et le GNL du Golfe sur le marché. Toute la courbe des prix de l’énergie a reculé sur la semaine, malgré une canicule qui a fait fortement grimper les prix de l’électricité au jour le jour :

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🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

La désescalade au Moyen-Orient a dominé la semaine. Le mémorandum signé le 17 juin entre Washington et Téhéran a acté une trêve de 60 jours destinée à négocier un accord de fond. Concrètement, le détroit d’Ormuz, par lequel transite une grande partie du pétrole et du gaz du Golfe, a rouvert : les navires y circulent de nouveau et les exportations du Golfe sont remontées à environ 75% de leur niveau d’avant-guerre. L’Arabie saoudite a repris ses chargements au terminal de Ras Tanura, et plusieurs producteurs (Émirats, Koweït, Qatar) augmentent leur offre.

Ce retour de l’offre a fait reculer le risque géopolitique qui pesait sur les prix depuis le printemps. Le pétrole, le gaz et l’électricité ont tous reculé, ramenant les marchés à des niveaux que l’on n’avait plus vus depuis plusieurs mois.

Côté monétaire, la Banque centrale européenne a relevé ses taux de 25 points de base le 11 juin, portant le taux de dépôt à 2,25%. Elle justifie ce resserrement par les pressions inflationnistes nées du conflit au Moyen-Orient. La Réserve fédérale américaine conservant elle aussi une posture ferme, l’euro est resté contraint face au dollar : il a reculé de 0,7% sur la semaine, à 1,139. Cet euro plus faible alourdit légèrement la facture des produits achetés en dollars (pétrole, charbon, GNL) ; la baisse en euros est donc un peu moins forte que la baisse en dollars.

 

🔥 Gaz naturel


📉-3,2 % sur les prix de 2027 et 📉-2,6 % sur le contrat de Juillet 2026.

Le prix du gaz pour livraison en juillet 2026 est passé de 41,25 à 40,17 €/MWh. Le contrat calendaire 2027 (le prix moyen pour l’ensemble de l’année suivante) recule de 33,98 à 32,88 €/MWh, et l’année 2028 cède 1,3%, à 26,54 €/MWh.

La réouverture du détroit d’Ormuz est le principal moteur de cette baisse. Plusieurs méthaniers qatariens sont repartis vers le Golfe pour se recharger, et le Qatar a indiqué que sa production de GNL reviendrait à la normale d’ici quelques semaines, hors installation endommagée. La perspective d’un retour des cargaisons du Golfe a desserré la crainte d’une pénurie.

Les fondamentaux ont accompagné ce mouvement. Les volumes de GNL livrés aux terminaux européens ont progressé sur la semaine et les flux norvégiens sont restés solides à 2,86 TWh/j. Le remplissage des stocks se poursuit : les sites européens sont à 47,7% et les français à 48,4%. Ce niveau reste néanmoins sous la moyenne des cinq dernières années pour la saison, ce qui maintient un besoin d’achat soutenu pour préparer l’hiver.

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⚡ Electricité


­📉-2,9 % sur les prix de 2027 et 📉-1,5 sur le contrat de Juillet 2026.

L’électricité pour 2027 recule de 57,25 à 55,58 €/MWh, et le contrat de juillet 2026 passe de 64,92 à 63,95 €/MWh. La baisse est plus mesurée que sur le gaz : les prix de l’électricité à terme suivent en partie ceux du gaz, qui reste la centrale la plus souvent décisive pour fixer le prix.

Le contraste de la semaine est marqué entre ces prix à terme, en recul, et les prix au jour le jour, qui ont fortement grimpé sous l’effet de la canicule. Avec la troisième vague de chaleur de l’année et des pointes jusqu’à 43°C, la demande de climatisation a bondi pendant que la production se tendait. EDF a réduit d’environ 4 GW sa production nucléaire (réacteurs de Nogent, Bugey et Golfech), l’eau des fleuves étant devenue trop chaude pour le refroidissement, et la production éolienne est restée faible. La Belgique a vu son prix horaire dépasser 1 €/kWh le 24 juin.

La disponibilité nucléaire française moyenne s’est établie à 35,3 GW sur la semaine. Ce lundi 29 juin, EDF annonce réduire de nouveau la capacité nucléaire de 10 %, en raison des restrictions de refroidissement des réacteurs nucléaires (malgré la baisse des températures), et en prévision de nouvelles hausses possibles du thermomètre la semaine prochaine.

La France reste par ailleurs interconnectée avec l’Allemagne et l’Italie, dont le mix électrique est plus dépendant des énergies fossiles : quand leurs prix montent, ceux de la France sont entraînés à la hausse, même si notre production reste largement décarbonée.