Décret tertiaire et loi résilience 2030 pour les entreprises de plus de 1000m²

Obligations, calendrier, plateforme OPERAT, solutions photovoltaïques et FAQ pour tous les acteurs du secteur tertiaire.

 

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Qu'est-ce que le décret tertiaire ?

Le décret tertiaire (officiellement le Dispositif Éco Énergie Tertiaire : DEET) est issu de la loi ÉLAN (article 175) et formalisé par le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019*, entré en vigueur le 1er octobre 2019.

Il impose une réduction progressive et obligatoire de la consommation d’énergie finale de l’ensemble du parc tertiaire français.

Son ambition : économiser jusqu’à 60 % d’énergie dans les bâtiments tertiaires d’ici 2050, par rapport aux niveaux de 2010.

Le secteur tertiaire représente à lui seul plus d’un tiers de la consommation énergétique du bâtiment en France, soit 973 millions de mètres carrés bâtis.

La pression réglementaire est donc à la hauteur des enjeux climatiques.

À savoir : l’arrêté du 1er août 2025

Un arrêté du 1er août 2025** (publié au Journal officiel le 6 septembre 2025) vient moderniser le dispositif. Ce dernier introduit un nouveau modèle d’attestation numérique sur OPERAT, obligatoire à partir du 1er juillet 2026, et étend les valeurs absolues de consommation à de nouvelles catégories de bâtiments (commerces, cinémas, établissements des DROM…).

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Qui est concerné par le décret tertiaire du 23 juillet 2019 ?

Le décret s’applique à tous les propriétaires et locataires (bailleurs et preneurs à bail) de bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments situés en France métropolitaine, en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte, dès lors qu’ils hébergent des activités tertiaires sur une surface de plancher cumulée supérieure ou égale à 1000 m².

Sont notamment concernés les bureaux, commerces, hôtels, établissements de santé, enseignement, logistique, aéroports, gares, audiovisuel et bibliothèques, qu’ils soient publics ou privés. Les bâtiments à usage mixte entrent dans le champ du décret dès que la partie tertiaire atteint ou dépasse ce seuil.

Même si une activité tertiaire cesse dans un bâtiment et que la surface devient inférieure à 1000 m², l’obligation reste applicable aux propriétaires et locataires concernés. Seuls les lieux de culte, constructions à permis précaire et bâtiments opérationnels de défense/sécurité intérieure en sont exemptés.

Les objectifs de réduction de consommation d’énergie : un calendrier en trois paliers

Le décret fixe deux approches complémentaires pour atteindre la conformité : une réduction relative par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019, et une valeur absolue (en kWh/m²/an) alignée sur les standards des bâtiments neufs.

2030 : 1ère étape

-40%

Réduction de la consommation d’énergie finale par rapport à l’année de référence. Premier contrôle prévu fin 2031.

2040 : 2ème étape

-50%

Réduction sur la même base. Étape intermédiaire pour accompagner les plans de rénovation pluriannuels.

2050 : objectif final

-60%

Cible finale inscrite dans la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et dans les engagements européens de neutralité climatique.

La prochaine échéance opérationnelle est la déclaration des consommations 2025 sur la plateforme OPERAT avant le 30 septembre 2026. Cette date clôt la période transitoire ouverte depuis 2021 et marque l’entrée en vigueur obligatoire des attestations numériques.

La plateforme OPERAT : l’outil central de suivi

OPERAT (Observatoire de la Performance Énergétique, de la Rénovation et des Actions du Tertiaire)***, géré par l’ADEME, est la plateforme numérique réglementaire sur laquelle tout assujetti doit :

  • Enregistrer les caractéristiques de ses bâtiments (surface, activité, localisation…)
  • Saisir l’année de référence et les consommations historiques correspondantes
  • Déclarer chaque année avant le 30 septembre les consommations de l’année précédente
  • Justifier d’éventuelles modulations d’objectifs (contraintes techniques, patrimoniales, économiques)
  • Recevoir une notation Éco Énergie Tertiaire reflétant l’avancée dans la démarche

Depuis 2025, OPERAT intègre une API permettant l’identification, la déclaration et la consultation des données programmatiquement, facilitant l’intégration avec les systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB).

Quatre leviers pour atteindre les objectifs de réduction de consommation énergétique

Rénovation de l’enveloppe

 

Isolation des murs, toitures et planchers, remplacement des menuiseries, protections solaires.

Indispensable pour les bâtiments les plus énergivores.

Équipements performants

 

Chauffage, climatisation, ventilation, éclairage LED et systèmes de contrôle et de gestion active (GTB/BACS).

Obligatoire dans la plupart des bâtiments tertiaires depuis janvier 2025.

Production d’énergie renouvelable

 

Installation de panneaux photovoltaïques en autoconsommation.

Chaque kWh autoproduit et consommé localement réduit la consommation d’énergie livrée déclarée sur OPERAT.

Sobriété & comportement

 

Extinction automatique de l’éclairage, réduction du stockage informatique, sensibilisation des occupants et optimisation des contrats d’exploitation avec objectifs de résultat.

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Le rôle stratégique d’une installation photovoltaïque

L’installation d’une centrale photovoltaïque en autoconsommation constitue l’un des leviers les plus efficaces pour répondre aux exigences du décret tertiaire. Le mécanisme est direct : le décret vise la réduction de l’énergie livrée, c’est-à-dire celle achetée sur le réseau auprès d’un fournisseur. Chaque kilowattheure d’énergie solaire autoproduit et consommé sur site est autant de kWh en moins à déclarer sur OPERAT.

En pratique, une centrale photovoltaïque sur toiture ou en ombrière de parking peut permettre de réduire la facture énergétique de 20 à 40 %, contribuant directement à l’atteinte des paliers réglementaires tout en générant un retour sur investissement tangible.

Seule l’énergie autoconsommée sur site est prise en compte dans le calcul du décret tertiaire. L’électricité revendue ou injectée sur le réseau n’a aucun impact sur les indicateurs OPERAT. Une stratégie photovoltaïque orientée autoconsommation est donc indispensable pour maximiser la conformité réglementaire.

Les installations photovoltaïques s’articulent également avec les obligations de solarisation (loi Climat et Résilience) qui imposent la couverture partielle des parkings extérieurs et des toitures de nouveaux bâtiments tertiaires, ainsi qu’avec le décret BACS qui prescrit l’automatisation de la gestion technique des bâtiments.

Quels risques en cas de non-conformité ?

Le dispositif repose sur une logique progressive : d’abord la transparence et la responsabilisation, puis la coercition. Les sanctions s’appliquent aussi bien au propriétaire qu’au preneur à bail, selon leurs responsabilités respectives.

La publication dite « name & shame » est souvent jugée plus dissuasive que l’amende elle-même : elle nuit à l’image de marque, peut affecter les relations commerciales et détériorer la valeur locative et vénale du bien (fiche de notation Éco Énergie Tertiaire annexée aux baux et actes de vente).

Anticiper pour transformer la contrainte en levier

Le décret tertiaire n’est pas qu’une obligation réglementaire; c’est une opportunité de valoriser le patrimoine immobilier, de réduire durablement les charges énergétiques et d’afficher un engagement RSE concret.

Les entreprises qui anticipent en combinant rénovation, GTB et production photovoltaïque en autoconsommation, seront les mieux positionnées pour les échéances de 2030 et au-delà.

La prochaine date clé : 30 septembre 2026 pour la déclaration des consommations 2025 sur OPERAT, qui marquera également la fin de la période transitoire et l’obligation d’utiliser les nouvelles attestations numériques.

Vos questions à propos du décret tertiaire

Mon bâtiment est-il vraiment concerné par le décret tertiaire ?

Votre bâtiment est assujetti au décret tertiaire si la surface dédiée aux activités tertiaires est égale ou supérieure à 1000 m², que la superficie soit concentrée sur un seul immeuble ou cumulée sur plusieurs bâtiments d’un même site. Cette règle s’applique aux espaces purement tertiaires comme aux bâtiments à usage mixte.

Sont exemptés : les constructions avec permis de construire précaire, les lieux de culte, et les bâtiments affectés à la défense ou à la sécurité du territoire. Si vous êtes locataire d’un espace tertiaire dans un bâtiment dépassant ce seuil, vous êtes vous aussi assujetti pour les actions relevant de votre responsabilité.

Comment choisir l'année de référence pour mes calculs ?

L’année de référence doit être comprise entre 2010 et 2019. Elle correspond à une période de 12 mois consécutifs d’exploitation normale et peut être à cheval sur deux années civiles (ex. : mars 2015 à février 2016).

Il est conseillé de choisir l’année présentant la consommation la plus élevée compatible avec votre niveau d’activité habituel, afin de maximiser la marge de manœuvre pour atteindre les paliers de réduction. Cette déclaration est à effectuer sur OPERAT et peut faire l’objet d’une modulation justifiée.

Le photovoltaïque suffit-il à se conformer au décret tertiaire ?

Le photovoltaïque est un levier puissant mais pas suffisant seul dans la plupart des cas. Il contribue directement à la réduction de l’énergie livrée (achetée sur le réseau) dès lors que la production est autoconsommée sur site. En revanche, l’énergie revendue ou injectée sur le réseau ne compte pas dans les indicateurs OPERAT.

Pour atteindre les −40 % en 2030, une approche combinée est généralement recommandée : rénovation de l’enveloppe, optimisation des équipements (GTB/BACS), sobriété des usages, et production photovoltaïque en autoconsommation. Le photovoltaïque peut néanmoins représenter 20 à 40 % des économies réalisables selon la configuration du bâtiment.

Que risque-t-on concrètement si on ne déclare pas sur OPERAT ?

La non-déclaration sur OPERAT entraîne une mise en demeure préfectorale avec un délai de 3 mois pour régulariser. En l’absence de régularisation, l’entreprise ou la collectivité est nommément publiée sur un site internet de l’État (principe du « name & shame »).

Si les objectifs de réduction ne sont pas atteints et qu’aucun plan d’action n’est produit, des amendes administratives s’appliquent : jusqu’à 7 500 € par bâtiment pour les personnes morales, 1 500 € pour les personnes physiques. Ces sanctions sont renouvelables chaque année en cas de persistance. La non-conformité est également enregistrée dans les documents annexés aux baux et ventes immobilières.

Les objectifs peuvent-ils être adaptés à des contraintes spécifiques ?

Oui, le décret prévoit des modulations d’objectifs dans des cas précis :

  • Contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales (bâtiment classé, fragilité structurelle…)
  • Changement d’activité ou évolution significative du volume d’activité
  • Coût des travaux manifestement disproportionné par rapport aux bénéfices attendus
  • Risques pathologiques liés au bâtiment

Ces modulations doivent être déclarées et justifiées sur OPERAT. L’arrêté du 1er août 2025 a introduit un nouveau modèle d’attestation numérique standardisée pour formaliser ces démarches, avec une phase transitoire jusqu’au 1er juillet 2026.

Qui est responsable : le propriétaire ou le locataire ?

La responsabilité est partagée entre le propriétaire bailleur et le preneur de bail, selon leurs périmètres d’action respectifs.

Le propriétaire est tenu de réaliser les travaux d’amélioration de la performance énergétique relevant de l’enveloppe et des équipements communs, et de mettre à disposition les informations nécessaires à la déclaration.

Le locataire/exploitant est responsable de la gestion quotidienne des consommations, des actions de sobriété, et de la déclaration annuelle sur OPERAT pour ses entités. En cas de manquement du seul locataire, le propriétaire peut être mis en demeure de fournir les données manquantes.

Qu'apporte le décret BACS par rapport au décret tertiaire ?

Le décret BACS (Building Automation & Control Systems) est complémentaire au décret tertiaire. Il impose l’installation de systèmes d’automatisation et de contrôle technique dans les bâtiments tertiaires à partir de certains seuils de puissance des installations de chauffage et de climatisation.

Ensemble, ces deux dispositifs forment un socle réglementaire cohérent : le décret BACS garantit le pilotage intelligent des équipements, ce qui facilite l’atteinte des objectifs de réduction définis par le décret tertiaire. Pour la plupart des grands bâtiments tertiaires, l’équipement en GTB était obligatoire depuis début 2025.

Quelle est la zone d'intervention de CY BFM pour accompagner les entreprises dans leur démarche de conformité au décret tertiaire ?

J’accompagne les entreprises aux alentours de Moulins, Vichy, Nevers, Montluçon, Charolles et Clermont-Ferrand.

N’hésitez pas à me contacter si vous n’êtes pas sûr que je puisse intervenir sur votre secteur !

Sources :

* https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038812251

** https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000052198856

*** https://operat.ademe.fr/public/home