Le décryptage des marchés de l’énergie du 31 août 2026

Par cyril

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L’électricité française s’est détachée du gaz cette semaine : +19,4% sur le contrat de septembre, contre +1,9% pour le gaz. La cause est domestique : la disponibilité du parc nucléaire est retombée à 36,7 GW. Sur la scène internationale, les discussions entre Doha et Téhéran ont séparé le pétrole du gaz :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Le Premier ministre qatari s’est rendu à Téhéran jeudi 27 août. Il y a rencontré le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le président Massoud Pezeshkian et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf. Le cadre en discussion prévoit un corridor maritime temporaire dans le détroit d’Ormuz et une opération conjointe de déminage.

Doha y a un intérêt direct : son GNL transite par le détroit. Les frappes sur Ras Laffan ont amputé la production qatarie de 17%, et les responsables du pays estiment qu’un retour au niveau normal prendra jusqu’à cinq ans.

Ces avancées ont changé la lecture du dossier iranien. Le marché y voit désormais une confrontation économique et de sanctions davantage qu’une menace immédiate sur les volumes physiques, d’autant que le trafic dans le détroit s’améliore. Le Trésor américain a par ailleurs élargi ses sanctions secondaires aux pays qui maintiennent des liens commerciaux avec l’Iran.

Cette lecture a écarté le pétrole du gaz. Le pétrole a reculé, parce que le risque porte sur des barils qui finissent par arriver. Le gaz est monté, parce que les capacités de liquéfaction détruites, elles, ne reviennent pas avant plusieurs années.

A noter que dimanche 30 août, les États-Unis ont frappé l’île de Larak, à l’entrée du détroit. C’est la première frappe américaine sur le sol iranien depuis fin juillet, ce qui a entraîné une riposte côté iranien.

Côté monétaire, Kevin Warsh s’est exprimé vendredi au symposium de Jackson Hole. Le président de la Fed a réaffirmé la priorité donnée à l’inflation, sans apporter d’élément neuf. L’euro a reculé face au dollar, de 1,168 à 1,158 sur la semaine. Pour un acheteur européen, cet écart de change renchérit tout ce qui se cote en dollars : le charbon progresse de 3,3% en dollars mais de 4,2% en euros, et le pétrole ne recule que de 4,6% en euros contre 5,4% en dollars.

🔥 Gaz naturel

📈+2,9 % sur les prix de 2027 et 📈+1,9 % sur les prix d’octobre 2026.

Le contrat d’octobre sur le PEG, la bourse française du gaz, a terminé la semaine à 66,04 €/MWh. Le contrat calendaire 2027 s’établit à 47,91 €/MWh et celui de 2028 à 31,94 €/MWh.

Le remplissage des stockages reste le sujet. L’Europe était à 64% au 28 août, contre une moyenne de 79% sur cinq ans à la même période : c’est le niveau saisonnier le plus bas depuis 2009. La dispersion entre pays est forte : fin août, l’Allemagne était à 51% et les Pays-Bas à 44,3%, la France autour de 65%. Natasha Fielding, d’Argus Media, résume la situation : les stocks européens sont anormalement bas pour la saison.

L’approvisionnement explique ce retard. Le détroit d’Ormuz achemine en temps normal près d’un cinquième du commerce mondial de GNL, et sa fermeture de fait a privé l’Europe d’une partie de ses cargaisons pendant toute la période de remplissage estivale. Les volumes livrés aux terminaux européens sont remontés à 3,51 TWh/j sur la semaine, contre 3,31 la semaine précédente.

La hausse se concentre sur les échéances proches. Sur les contrats plus lointains, le mouvement s’éteint : 2029 progresse de 0,5% et 2030 recule de 0,2%.

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­⚡ Electricité

📈+2,2 % sur les prix de 2027 et 📈 +19,4% sur les prix de septembre 2026.

Le contrat de septembre a terminé à 118,66 €/MWh, en hausse de 19,4% sur la semaine. Le trimestre d’hiver qui s’ouvre en octobre suit à 126,75 €/MWh, en progression de 4,2%. Plus loin sur la courbe, le contrat calendaire 2027 s’établit à 68,75 €/MWh et celui de 2028 à 53,21 €/MWh.

L’origine est française et tient à la production disponible. La puissance nucléaire disponible est retombée à 36,7 GW, contre 39,5 GW une semaine plus tôt, soit environ 58% d’un parc installé de 63 GW. Le 27 août, plusieurs tonnes de méduses sont entrées dans les stations de pompage d’eau de mer de la centrale de Gravelines et ont contraint EDF à réduire la production d’au moins trois réacteurs.

L’épisode s’inscrit dans une série : le 12 août, 20,4% de la puissance du parc était indisponible pour causes environnementales (chaleur, sécheresse et méduses), un record dans les données EDF depuis 2015. Treize réacteurs étaient alors concernés.

La température moyenne constatée s’est établie à 21,65°C, soit 1,7°C au-dessus de la normale de saison. Cette chaleur agit dans les deux sens : elle soutient la consommation de climatisation et complique le refroidissement des centrales situées en bord de fleuve.

Quand le nucléaire est dégradé, le prix horaire de l’électricité se cale plus souvent sur le coût des centrales à gaz, dont le combustible a renchéri. Davantage d’heures se paient au prix fort. La France est par ailleurs interconnectée avec l’Allemagne et l’Italie, dont les mix de production font une place bien plus large aux énergies fossiles : leurs prix élevés remontent jusqu’au marché français, même si le mix français reste très largement décarboné.

La hausse reste concentrée sur le court terme. Le contrat 2027 ne progresse que de 2,2%, celui de 2028 de 1,7%, et le mouvement s’éteint au-delà : 2029 gagne 0,6% et 2030 seulement 0,3%. Le marché a réagi à une contrainte de production immédiate, pas à un changement d’équilibre durable.