Le décryptage des marchés de l’énergie du 05 octobre 2026

Par cyril

3 mins de lecture

Les exportations de pétrole du Golfe se redressent, mais la question d’Ormuz reste entière : Donald Trump a rejeté la proposition iranienne de réouverture du détroit.

À l’entrée de l’hiver, le gaz a regagné l’essentiel de son recul de la semaine passée et l’électricité a nettement progressé, tandis que le pétrole s’est légèrement replié :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

La piste diplomatique ouverte la semaine dernière n’a pas abouti. Donald Trump a rejeté la proposition iranienne de rouvrir le détroit d’Ormuz sous sept jours en échange d’une levée du blocus et des sanctions, en affirmant n’avoir « rien offert » à Téhéran. Washington conditionne tout allègement des sanctions à des « progrès concrets » sur le dossier nucléaire.

Le dialogue n’est pas rompu pour autant. Les échanges se poursuivent par l’intermédiaire de médiateurs, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dit attendre une réponse officielle de Washington. Sur le terrain, la navigation dans le détroit reste très en deçà de la normale, et les incidents visant des navires commerciaux continuent.

Côté change, l’euro a perdu 1,2 % face au dollar sur la semaine, à 1,125. Pour un acheteur européen, cela renchérit toutes les énergies cotées en dollars : cette semaine, le pétrole baisse moins en euros qu’en dollars, et le charbon monte davantage.

🔥 Gaz naturel

📈+4,2 % sur les prix de 2027 et 📈+3,3 % sur les prix de novembre 2026.

Sur la bourse française du gaz (PEG), le contrat de novembre gagne 3,3 % sur la semaine, à 72,87 €/MWh. Le contrat 2027 progresse de 4,2 %, à 58,29 €/MWh, et regagne ainsi l’essentiel du terrain perdu la semaine précédente. Le contrat 2028 bouge peu (+0,9 %, à 38,16 €/MWh) : la hausse se concentre sur l’année qui vient et s’atténue au-delà : +2,7% pour 2029 et +1,2% pour 2030.

Ce rebond tient d’abord à la géopolitique. Tant que le détroit d’Ormuz reste fermé, une partie du GNL qatari manque au marché mondial, et l’Europe reste en concurrence avec l’Asie pour les cargaisons disponibles. L’échec de la piste diplomatique a donc fait remonter les prix.

Il s’est produit malgré des fondamentaux plutôt favorables. La Norvège, premier fournisseur de l’Europe par gazoduc avec environ 30 % de la demande européenne et britannique, a achevé ses maintenances de septembre : ses flux sont remontés de 240 à 331,6 Mm³/j. Les volumes de GNL regazifiés en Europe ont en revanche reculé, de 3,89 à 3,42 TWh/j.

La saison de chauffage démarre avec des stocks remplis à 83,9 % en France et 72,0 % en Europe, en hausse de 2,3 et 1,5 points sur la semaine.

 

­⚡ Electricité

📈+8,1 % sur les prix de 2027 et 📈+2,8 % sur les prix de novembre 2026.

L’électricité progresse plus nettement que le gaz. Le contrat de novembre gagne 2,8 %, à 160,51 €/MWh, mais c’est sur les échéances annuelles que le mouvement est le plus marqué : +8,1 % pour 2027, à 94,36 €/MWh, et +6,1 % pour 2028, à 60,03 €/MWh. Le mouvement s’éteint au-delà : +2,3% pour 2029 et -0,6% pour 2030.

Le mix français est très largement décarboné, mais la France est interconnectée avec ses voisins, l’Allemagne et l’Italie en tête, dont la production dépend davantage du gaz et du charbon. Ces deux combustibles ont renchéri cette semaine, et la hausse s’est transmise aux prix français. En France même, le prix horaire se cale encore souvent sur les centrales à gaz : ces heures se paient plus cher.

Les fondamentaux domestiques se sont pourtant améliorés. La disponibilité nucléaire est remontée de 32,8 à 37,2 GW, soit environ 60 % du parc, et les températures sont restées au-dessus des normales de saison (+2,2 °C), ce qui a contenu la demande. Cela n’a pas suffi à compenser la hausse des combustibles.