Le décryptage des marchés de l’énergie du 12 octobre 2026

Par cyril

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Toutes les énergies ont progressé cette semaine, sans exception. La hausse gagne désormais les échéances lointaines, jusqu’en 2030, signe de tensions persistantes. À l’approche de l’hiver, les stocks européens de gaz, remplis à moins de 75 %, accentuent la pression sur les prix des mois les plus froids :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Le détroit d’Ormuz reste officiellement fermé, faute d’accord entre Téhéran et Washington. Le trafic reprend partiellement, souvent sous protection américaine (environ 30 passages quotidiens début octobre, contre 140 avant-guerre). La situation demeure dangereuse : les attaques contre les navires ont atteint cette semaine un record hebdomadaire depuis le début du conflit.

Les tensions s’étendent à la mer Rouge, où les Houthis contrôlent depuis septembre des îles du détroit de Bab el-Mandeb. Le 3 octobre, ils ont revendiqué une frappe contre un site d’Aramco près de Riyad, démentie par l’Arabie saoudite, dont l’oléoduc contournant Ormuz transporte désormais 5,8 millions de barils/jour. Le 5 octobre, le gouvernement yéménite soutenu par Riyad a lancé l’opération « Aube du Yémen » pour reprendre les abords du détroit. Les combats se concentrent autour de Mokha et Dhubab, chaque camp revendiquant le contrôle des voies maritimes. Le 8 octobre, les Houthis ont menacé les installations énergétiques saoudiennes de représailles.

Vendredi, Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine : la Russie fournira du gazole aux États-Unis et au marché mondial, grâce à une dérogation temporaire aux sanctions américaines. Volodymyr Zelensky a dénoncé cet assouplissement sans contrepartie en Ukraine.

Enfin, l’euro recule de 1,125 à 1,120 $ (-0,4 %), pénalisé par les inquiétudes sur la dette française, accentuant légèrement la hausse des prix des énergies cotées en dollars.

🔥 Gaz naturel

📈+10,3% sur les prix de 2027 et📈+9,5% sur les prix de novembre 2026.

Sur le PEG, le contrat 2027 atteint 64,27 €/MWh, un record depuis son ouverture en juin 2023. Novembre termine à 79,78 €/MWh et 2028 à 40,59 €/MWh (+6,3 %). La hausse s’étend aux échéances lointaines, mais plus modérément : +3,0 % pour 2029 et +2,2 % pour 2030.

Les tensions s’accentuent à l’approche de l’hiver. Les stocks européens ne sont remplis qu’à 73,3 %, contre 86,4 % en France, augmentant les besoins d’importation alors que le GNL du Golfe transite toujours difficilement par Ormuz. Le premier trimestre 2027 atteint ainsi 79,25 €/MWh (+9,4 %), plus de 20 €/MWh au-dessus de l’été 2027.

Autre signe de tension : depuis juillet, les prix spot dépassent systématiquement les prix anticipés avant livraison. En septembre, ils ont atteint 75,2 €/MWh contre 66,5 €/MWh pour le contrat mensuel, révélant un marché physique plus tendu que prévu. Cette hausse ne provient pas des gazoducs : les flux norvégiens sont restés stables à 333 Mm³/j. En revanche, les températures françaises sont passées sous les normales saisonnières.

 

­⚡ Electricité

📈+8,3 % sur les prix de 2027 et 📈+4,9% sur les prix de novembre 2026.

L’électricité suit la hausse du gaz : 102,18 €/MWh pour 2027, 63,14 €/MWh pour 2028 (+5,2 %) et 168,40 €/MWh pour novembre. En Europe, les prix restent largement influencés par les centrales à gaz et à charbon, dont les combustibles et les quotas de CO₂ ont renchéri. La France y est exposée via ses interconnexions. Contrairement au gaz, la hausse persiste sur les échéances lointaines : +5,8 % pour 2029 et +5,7 % pour 2030.

Les tensions se concentrent sur l’hiver : le premier trimestre 2027 atteint un record de 161,16 €/MWh (+5,4 %). Les prix au comptant dépassent régulièrement ceux anticipés sur les marchés à terme : en septembre, 143,3 €/MWh contre 129,4 €/MWh pour le contrat mensuel. Côté nucléaire, l’EPR de Flamanville reste arrêté depuis le 26 septembre pour sa première visite complète, sans date de reprise annoncée. Gravelines 5 demeure indisponible jusqu’au 25 janvier.

Enfin, les réserves hydrauliques sont préoccupantes : les barrages français affichent leur plus bas niveau depuis dix ans selon RTE, tandis que les réservoirs norvégiens se situent 14 points sous la normale. Une moindre production hydraulique cet hiver renforcerait le recours aux centrales à gaz et leur influence sur les prix de l’électricité.