La reprise des frappes autour du détroit d’Ormuz est venue s’ajouter à ce contexte fragile et pousser les prix à la hausse, sur le gaz comme sur l’électricité, du contrat du mois aux échéances calendaires :
🌍 Contexte international
💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :
La trêve entre les États-Unis et l’Iran, conclue en avril, a été mise à mal cette semaine. Des frappes et contre-frappes ont repris entre les deux pays, et trois navires marchands ont été touchés dans le détroit d’Ormuz les 8 et 9 juillet, en plus de frappes sur des cibles iraniennes. Le différend porte sur le contrôle du détroit : l’Iran considère cette position comme un acquis de la guerre qu’il ne veut pas abandonner, quand Washington veut rendre au passage son statut de voie internationale libre.
Donald Trump a déclaré la trêve « terminée » et menacé d’un nouveau blocage du détroit. Or près de 20% du pétrole et du gaz échangés dans le monde transitent par Ormuz. Le trafic maritime, qui avait recommencé à se normaliser après le cessez-le-feu, s’est de nouveau fortement réduit. L’Agence internationale de l’énergie a rappelé que des tensions prolongées retardent la reconstitution des stocks mondiaux, déjà au plus bas depuis des décennies.
Côté monétaire, l’euro est resté quasi stable face au dollar, à 1,141 (−0,26% sur la semaine), en légère remontée après les plus bas d’un an atteints en juin. Conséquence : cette semaine, l’effet de change est négligeable et les hausses exprimées en euros sont très proches des hausses en dollars, ce qui n’était pas le cas les semaines précédentes. La Banque centrale européenne, qui a relevé son taux de dépôt à 2,25% le 11 juin (première hausse depuis 2023), se réunit de nouveau le 23 juillet : la pression des prix de l’énergie liée au Moyen-Orient nourrit l’inflation.
🔥 Gaz naturel
📈+6,85 % sur les prix de 2027 et 📈+8,55 % sur le contrat d’août 2026.
Sur le PEG, le prix du contrat du mois prochain (août) est passé de 44,60 à 48,42 €/MWh. Le calendaire 2027 a progressé de 34,42 à 36,78 €/MWh, et le calendaire 2028 plus modestement, de 26,53 à 27,11 €/MWh (+2,21%).
Le mouvement s’est retrouvé sur toute l’Europe : le TTF, la bourse néerlandaise de référence, a touché 50 €/MWh jeudi, son plus haut en un mois, avant de refluer vendredi vers 49 €/MWh sur des informations de reprise des discussions entre les États-Unis et l’Iran.
Deux forces ont tiré les prix. La chaleur a augmenté la demande d’électricité pour la climatisation, donc la demande de gaz des centrales. Et la menace sur le détroit d’Ormuz a ravivé la crainte pour l’approvisionnement en gaz liquéfié (GNL) du Golfe : le Qatar, gros exportateur, fait transiter ses cargaisons par ce passage. Toute incertitude sur le détroit se reporte sur les prix européens.
Côté fondamentaux, le remplissage des stocks européens a progressé, de 49,5% à 51,3%, mais reste en dessous du niveau de l’an dernier et de la moyenne des cinq dernières années : le rythme d’injection à tenir d’ici l’hiver demeure élevé. Les flux en provenance de Norvège, principal fournisseur d’appoint de l’Europe, ont légèrement reculé (2,80 TWh/j). Les volumes de GNL livrés aux terminaux européens et regazifiés vers le réseau ont augmenté (3,22 TWh/j), ce qui a soutenu l’offre.
⚡ Electricité
📈+4,11 % sur les prix de 2027 et 📈+10,35 % sur le contrat d’août 2026.
Le contrat du mois prochain (août) est passé de 64,33 à 70,99 €/MWh. Le calendaire 2027 a progressé de 57,60 à 59,97 €/MWh, tandis que le calendaire 2028 est resté stable à 50,43 €/MWh. La hausse est nette sur le court terme, plus mesurée sur les échéances longues.
Deux fondamentaux se conjuguent. La chaleur augmente la demande de climatisation. Et la disponibilité du parc nucléaire français a reculé, de 44 à 38 GW : EDF a réduit la production de trois réacteurs (Golfech sur la Garonne, Bugey sur le Rhône, Chooz sur la Meuse) parce que la température des rivières menace de dépasser les limites légales de rejet thermique, fixées pour protéger les milieux aquatiques. Jusqu’à cinq réacteurs sont concernés, et le ministère de l’Économie a accordé une dérogation temporaire sur le Rhône, autour de Bugey, jusqu’au 20 juillet pour sécuriser le réseau. RTE, le gestionnaire du réseau, a indiqué que la capacité disponible reste suffisante pour couvrir la demande.
Le mécanisme de formation du prix explique la hausse. Le prix de l’électricité se cale sur le coût de la dernière centrale appelée pour équilibrer le réseau. Avec moins de nucléaire disponible et une demande de climatisation en hausse, cette dernière unité est plus souvent une centrale au gaz, dont le coût est plus élevé. La France étant interconnectée avec l’Allemagne et l’Italie, aux mix plus fossiles, les prix français suivent aussi ce mouvement. La chaleur et la sécheresse pèsent par ailleurs sur la production hydraulique. Ces contraintes reposent sur des conditions météorologiques encore susceptibles d’évoluer.




