Le décryptage des marchés de l’énergie du 20 juillet 2026

Par cyril

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La semaine a été marquée par une forte hausse des prix de l’énergie. L’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz a fait bondir le pétrole, le gaz et l’électricité de 16 % à 20 % sur les échéances rapprochées. En France, la baisse de la production nucléaire, contrainte par la hausse de la température des fleuves, a accentué la tension sur les prix de l’électricité :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Le détroit d’Ormuz reste le principal point de tension des marchés de l’énergie. Par ce passage transite environ un cinquième du pétrole mondial, mais son trafic est quasiment bloqué depuis le début de la crise fin février : les attaques contre les navires marchands l’ont réduit à quelques passages par jour, contre plus de cent habituellement. Au moins neuf bâtiments ont été visés depuis début juillet, dont un pétrolier saoudien et un méthanier qatari.

Le cessez-le-feu signé le 17 juin, qui devait permettre la réouverture du détroit, n’a pas permis de résoudre la crise. Son contenu n’a jamais été rendu public et l’Iran n’a pas confirmé la version présentée par les États-Unis. Le désaccord porte notamment sur les conditions de navigation : Téhéran souhaite encadrer et taxer le passage des navires, tandis qu’aucun couloir sécurisé n’a été clairement défini.

Après de nouvelles attaques contre des pétroliers début juillet, les États-Unis ont repris leurs frappes et Donald Trump a rétabli, le 14 juillet, un blocus naval des navires iraniens aux abords du détroit. Cette escalade a soutenu la hausse du pétrole et, par ricochet, celle des autres énergies. Aucune perte physique de production pétrolière n’a toutefois été constatée cette semaine : la tension sur les prix provient avant tout des perturbations du transport.

Côté monétaire, l’euro est resté quasiment stable face au dollar, autour de 1,144 (+0,3 %), dans l’attente des prochaines décisions de la BCE et de la Fed. L’effet de change est donc négligeable : la hausse des prix reflète essentiellement l’évolution des matières premières et du risque géopolitique.

🔥 Gaz naturel

📈+12,4 % sur les prix de 2027 et 📈+18,6 % sur le contrat d’août 2026.

Le gaz français a fortement progressé cette semaine. Sur le PEG, le contrat M+1 est passé de 48,4 à 57,4 €/MWh, soit +18,6 %. La hausse reste importante sur les échéances plus lointaines, mais s’atténue progressivement : +12,4 % pour le calendaire 2027, à 41,3 €/MWh, et +5 % pour 2028, à 28,5 €/MWh.
Trois facteurs expliquent ce mouvement : les tensions autour du détroit d’Ormuz, qui affectent le marché mondial du gaz, les contraintes sur la production norvégienne liées aux maintenances, et le renforcement de la concurrence asiatique pour les cargaisons de GNL, les acheteurs asiatiques ayant nettement relevé leurs prix.
Sur les fondamentaux, les flux norvégiens sont restés proches de 2,85 TWh/j, tandis que les volumes de GNL livrés au réseau européen ont reculé de 3,22 à 2,94 TWh/j. Le remplissage des stocks se poursuit lentement : ils atteignent 53,2 % en Europe et 52,1 % en France, des niveaux encore bas pour la saison à l’approche de l’hiver.
Enfin, la hausse des prix de l’électricité favorise le recours aux centrales à gaz à cycle combiné (CCGT), redevenues plus compétitives pour produire de l’électricité, ce qui pourrait accroître la demande européenne de gaz.

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⚡ Electricité

📈+8,2 % sur les prix de 2027 et 📈+20,1 % sur le contrat d’août 2026.

L’électricité française a suivi la hausse du gaz, avec une tension particulièrement forte à court terme. Le contrat d’août est passé de 71,0 à 85,3 €/MWh (+20,1 %), tandis que le calendaire 2027 progresse de 8,2 %, à 64,9 €/MWh, et le 2028 de 2,3 %, à 51,6 €/MWh. Comme pour le gaz, la hausse s’atténue donc sur les échéances lointaines.

À la hausse du gaz s’est ajouté l’effet de la canicule. Mi-juillet, EDF a réduit d’environ 6,4 GW sa production nucléaire en raison de la température élevée des fleuves, qui limite les capacités de refroidissement de plusieurs centrales, notamment Saint-Alban, Bugey, Golfech et Blayais. La disponibilité nucléaire s’est ainsi établie à 39,4 GW, soit environ 62 % du parc installé. La chaleur et la sécheresse pèsent également sur la production hydraulique. Ce lundi 20 juillet, la semaine débute avec une disponibilité nucléaire en légère hausse à 40,54 GW, avec une progression attendue ces prochains jours (hors canicule).

Lorsque la production nucléaire et renouvelable ne suffit pas, le prix de l’électricité est déterminé par le coût de la dernière centrale appelée, souvent une centrale à gaz : la hausse du gaz se transmet donc directement aux prix électriques. Les interconnexions avec l’Allemagne et l’Italie, où les mix électriques sont plus fossiles et les prix plus élevés, renforcent également cette pression. Le marché italien au comptant a ainsi approché 500 €/MWh cette semaine.

Sur les échéances calendaires, la hausse de l’électricité française reste néanmoins plus contenue que celle du gaz, le mix électrique largement décarboné de la France jouant son rôle d’amortisseur.