Le décryptage des marchés de l’énergie du 21 septembre 2026

Par cyril

3 mins de lecture

Après la forte tension de la semaine précédente et des prix records lundi dernier, les marchés de l’énergie se sont détendus en cours de semaine. Les risques restent pourtant bien présents, avec une seconde crise au Yémen qui menace les routes d’exportation de pétrole saoudien, ce qui pèse sur le marché mondial du gaz naturel, et au-delà :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Les 10 et 11 septembre, des frappes de drones dans les régions de Riyad et de Médine, attribuées à des milices pro-iraniennes opérant depuis l’Irak, ont contraint l’Arabie saoudite à fermer son oléoduc Est-Ouest. Cette conduite achemine 4 à 5 millions de barils par jour vers le terminal de Yanbu, sur la mer Rouge : depuis le blocage d’Ormuz, c’est la principale voie de sortie du brut saoudien. Il restait à l’arrêt en fin de semaine et Riyad a suspendu certaines ventes vers l’Europe. Le Brent a atteint 108,75 $ le baril mardi 15 septembre, puis a reculé sur trois séances après que Riyad a évoqué le 18 septembre une remise en service partielle, le secrétaire américain à l’Énergie parlant d’une interruption « de quelques jours ».

Une seconde crise s’installe au Yémen. Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, étendent leur emprise sur la mer Rouge et ont pris le 14 septembre les îles Hanish, au nord du détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage est devenu vital pour l’Arabie saoudite, qui y fait transiter ce qui sort encore de Yanbu : les deux issues du brut du Golfe, Ormuz à l’est et la mer Rouge à l’ouest, sont désormais sous menace.

Sur le détroit d’Ormuz lui-même, toujours quasi fermé, la réunion prévue à Oman le 14 septembre a été reportée : la proposition iranienne de formaliser son contrôle du passage avec un système de péages a été rejetée par l’Arabie saoudite et Oman. Le trafic reste réduit à une poignée de pétroliers par jour contre environ 85 avant la crise, trois navires ont été visés les 17 et 18 septembre, et Donald Trump a évoqué le 18 septembre une « grande décision » à venir sur l’Iran.

Côté monétaire, la Fed a relevé ses taux de 25 points de base le 16 septembre, à l’unanimité, son président Kevin Warsh jugeant l’inflation « trop élevée depuis trop longtemps » ; le rendement américain à 10 ans a atteint 5 %. La BCE avait fait de même le 10 septembre (taux de dépôt à 2,50 %), en citant les tensions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient.

L’euro a reculé de 1,160 à 1,149 dollar sur la semaine : les variations en euros des matières cotées en dollars sont donc légèrement supérieures aux variations en dollars.

🔥 Gaz naturel

📈+0,5 % sur les prix de 2027 et 📉 -0,1 % sur les prix d’octobre 2026.

Le gaz termine la semaine quasi stable, mais le chemin a été mouvementé. Lundi 14 septembre, le contrat d’octobre a atteint 82,42 €/MWh et le contrat 2027 a inscrit un nouveau plus haut à 60,00 €/MWh sur toute sa durée de cotation, dans la foulée de la fermeture du pipeline saoudien. Les prix ont ensuite reflué jusqu’à jeudi (75,92 €/MWh pour octobre) avant de rebondir vendredi, pour clôturer à 78,95 €/MWh sur octobre et 58,65 €/MWh sur 2027. Le contrat 2028 progresse davantage, à 36,96 €/MWh (+2,6 %).

Côté approvisionnement, les flux norvégiens par gazoduc ont reculé de 292,5 à 269,6 Mm³/j, tandis que les volumes GNL regazifiés vers le réseau européen ont remonté de 3,20 à 3,66 TWh/j.

Les stocks poursuivent leur remplissage : 69,1 % en Europe (+1,4 point) et 78,5 % en France (+3,1 points).

Sur les échéances plus lointaines, le mouvement de la semaine reste modeste mais orienté à la hausse : 28,79 €/MWh pour 2029 (+1,9 %) et 25,52 €/MWh pour 2030 (+2,0 %).

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­⚡ Electricité

📉-2,8 % sur les prix de 2027 et 📈+6,9% sur les prix d’octobre 2026.

L’électricité se sépare en deux mouvements opposés. Le contrat d’octobre a progressé de 144,94 à 155,00 €/MWh, sur une disponibilité nucléaire qui recule à 37,1 GW (contre 38,4 GW la semaine précédente), soit moins de 60 % du parc, et 38 GW de réacteurs en fonctionnement contre 40. Quand le parc nucléaire produit moins, le prix horaire se cale plus souvent sur les centrales à gaz : davantage d’heures se paient au prix du gaz, lui-même resté élevé. Le quatrième trimestre 2026 suit le même sens, à 156,88 €/MWh (+0,9 %).

Les échéances longues font l’inverse et rendent une partie de la hausse de la semaine précédente : le contrat 2027 revient de 89,54 à 87,00 €/MWh et le contrat 2028 de 63,35 à 58,03 €/MWh (−8,4 %).

Le recul se prolonge au-delà, à 56,06 €/MWh pour 2029 (−4,3 %) et 58,50 €/MWh pour 2030 (−1,7 %), alors que ces mêmes échéances avaient gagné 9,4 % et 6,1 % la semaine passée.

Les températures sont revenues à la normale de saison (17,6 °C).