Le décryptage des marchés de l’énergie du 22 juin 2026

Par cyril

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L’accord intérimaire signé mercredi entre les États-Unis et l’Iran a entraîné la réouverture du détroit d’Ormuz et a fait nettement refluer le gaz et le pétrole, qui effacent une large part des gains accumulés depuis le début du conflit.

L’électricité à court terme a fait exception : portée par une vague de chaleur sur l’Europe de l’Ouest, elle est repartie à la hausse :

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🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Les États-Unis et l’Iran ont signé mercredi un accord intérimaire qui prolonge de 60 jours le cessez-le-feu et rouvre le détroit d’Ormuz à l’ensemble de la navigation. L’Iran est autorisé à reprendre immédiatement ses ventes de brut, et les premiers navires ont retraversé le détroit dès jeudi. Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est par ailleurs entré en vigueur en fin de semaine.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une large part des exportations de pétrole et de gaz du Golfe, était quasiment fermé depuis le début du conflit. Sa réouverture a fait reculer le risque géopolitique qui soutenait les prix de l’énergie, et le pétrole comme le gaz ont effacé la quasi-totalité des hausses enregistrées depuis fin février.

Sur le plan monétaire, la Banque centrale européenne a relevé ses taux de 25 points de base le 11 juin, sa première hausse depuis 2023, avec effet au 17 juin. La décision répond aux pressions inflationnistes nées du conflit, l’inflation de la zone euro étant attendue autour de 3% en 2026. L’euro a légèrement reculé face au dollar, à 1,147.

🔥 Gaz naturel


­📉-5,7 % sur les prix de 2027 et 📉-10,4 % sur le contrat de Juillet 2026.

Le prix du gaz a fortement reculé sur la semaine. Le contrat de juillet sur le PEG, la bourse française du gaz, s’établit à 41,25 €/MWh, en baisse de 10,4%. Les échéances plus lointaines suivent dans une moindre mesure : le calendaire 2027 perd 5,7% à 33,98 €/MWh et le calendaire 2028 reste quasi stable à 26,90 €/MWh.

La réouverture d’Ormuz a levé la crainte d’une rupture d’approvisionnement qui pesait sur le marché. Les volumes de GNL livrés aux terminaux européens ont reculé sur la semaine, à 3,13 TWh/j contre 3,57 la semaine précédente, mais la détente géopolitique a desserré la concurrence avec l’Asie pour les cargaisons : le gaz liquéfié asiatique (JKM) chute de 18,0% sur la semaine.

Du côté des fondamentaux, le remplissage des stocks se poursuit : les stockages européens passent de 43,6% à 46,4%, et les stockages français de 44,2% à 47,6%. Les flux en provenance de Norvège restent stables, autour de 2,77 TWh/j.

 

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⚡ Electricité


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📉-0,9 % sur les prix de 2027 et 📈+6,9 % sur le contrat de Juillet 2026.

L’électricité évolue à l’inverse du gaz sur le court terme. Le contrat de juillet progresse de 6,9% sur la semaine à 64,92 €/MWh, et gagne désormais près de 40% en un mois : il s’échangeait autour de 46 €/MWh à la mi-mai. Le calendaire 2027 recule au contraire légèrement, de 0,9% à 57,25 €/MWh.

Cette hausse du court terme s’explique d’abord par la météo. Une vague de chaleur s’est installée sur l’Europe de l’Ouest, avec une température moyenne de 27,4°C sur la semaine, soit près de 8°C au-dessus des normales de saison. La demande liée à la climatisation est repartie à la hausse, tandis que la production éolienne est restée faible. Le recours aux centrales à gaz pour produire de l’électricité s’est donc accru. Or le prix de l’électricité se cale sur le coût de la dernière unité de production appelée, souvent une centrale gaz l’été, ce qui tire le prix horaire vers le haut.

La chaleur fait aussi peser un risque sur la production nucléaire. Les centrales implantées en bord de fleuve doivent réduire leur production quand l’eau des rivières devient trop chaude, afin de respecter les limites de rejet thermique. La disponibilité du parc s’est déjà légèrement repliée sur la semaine, à 51,7 GW contre 53,6 GW, et c’est ce risque de moindre disponibilité cet été qui porte le contrat de juillet.

Sur les échéances longues, les prix français restent quasi stables : ce risque de chaleur estivale, concentré sur quelques semaines, pèse beaucoup moins rapporté à une année entière. Les calendaires continuent de dépendre des interconnexions avec l’Allemagne et l’Italie, dont la production repose davantage sur le gaz et le charbon, mais la baisse du gaz limite cette transmission.