Le décryptage des marchés de l’énergie du 24 août 2026

Par cyril

3 mins de lecture

Après un mois de pause estivale, nous sommes ravis de vous retrouver ce matin. Cette newsletter de rentrée retrace l’historique d’un mois de marché, les variations s’entendent donc depuis le 24 juillet.

En quatre semaines, les prix ont fait un aller-retour au rythme des négociations autour du détroit d’Ormuz : leur échec a porté le gaz à des records historiques, pendant que la fin de la canicule détendait l’électricité :

🌍 Contexte international
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💲Macroéconomie & 🌐Géopolitique :

Le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial, a de nouveau rythmé la période estivale. Début août, la perspective d’un accord de réouverture du détroit détendait l’ensemble des marchés : un premier cargo de GNL qatari franchissait le détroit pour la première fois depuis le 05 juillet, et le Brent tombait à 83,6 $ le 07 août.

Un retournement s’est produit mi-août : attaques en mer Rouge, exigences iraniennes (réparations et levée des sanctions), trafic retombé à une dizaine de navires par jour contre environ 130 avant le conflit… La semaine du 18 août a acté l’échec des négociations, avec de nouvelles sanctions américaines et la rupture commerciale entre les Émirats Arabes Unis et l’Iran le 20 août.

Côté monétaire, la Banque Centrale Européenne a maintenu son taux de dépôt à 2,25% le 23 juillet et conditionne explicitement la suite aux coûts de l’énergie : l’inflation de la zone euro a atteint 2,9% en juillet, tirée par l’énergie (+10% sur un an). L’euro s’est nettement apprécié face au dollar (1,168, +2,7% depuis le 24 juillet), ce qui allège cette fois, pour un acheteur européen, la facture des matières premières libellées en dollars, soit l’inverse des mois précédents..

🔥 Gaz naturel

📈+3,8 % sur les prix de 2027 et 📈+2,5 % sur les prix de septembre 2026 (depuis le 24 juillet).

Le contrat de septembre sur le PEG termine à 65,4 €/MWh et celui de l’année 2027 à 46,6 €/MWh, avec un plus haut historique pour ce contrat le 21 août. Le mois avait pourtant commencé par une détente : le contrat de septembre était retombé à 52,1 €/MWh le 05 août dernier, avant de regagner 25% quand les négociations autour du détroit d’Ormuz ont échoué. Conséquences : le GNL qatari reste bloqué et les flux de gaz du Moyen-Orient vers l’Europe sont à leur plus bas depuis 2019.
Les stocks européens sont remontés de 54,8% à 62,0% de remplissage (65,2% en France), mais restent au plus bas pour une fin août depuis 2009, environ 14 points sous la moyenne des cinq dernières années. Le rythme d’injection actuel correspond tout juste à l’objectif assoupli de 80% au 1ᵉʳ novembre, sans marge.

Un facteur a toutefois amorti la hausse des prix : la demande asiatique est faible et six cargaisons de GNL ont été redirigées vers l’Europe en août. Ainsi, les volumes regazifiés vers le réseau européen sont montés à 3,3 TWh/j.

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­⚡ Electricité

📉-4,7 % sur les prix de 2027 et 📉-1,5% sur les prix de septembre 2026 (depuis le 24 juillet).

L’électricité a suivi le chemin inverse du gaz. La cinquième canicule de l’été s’est éteinte le 21 août, premier jour sous les normales de saison depuis le 11 juin, et le prix au comptant est retombé autour de 67 €/MWh, après des pointes à plus de 140 € mi-août. Le contrat de septembre est revenu à 99,4 €/MWh, et les années 2027 (67,3 €/MWh) et 2028 ont reculé dans son sillage.

La disponibilité nucléaire reste néanmoins dégradée : 39,5 GW (environ 63% d’un parc d’à peu près 63 GW) après un record de 20,4% de capacité indisponible le 12 août (chaleur, débit des fleuves, méduses dans des prises d’eau…).

Avec moins de nucléaire, le prix de l’électricité s’est calé plus souvent sur les centrales à gaz, dont le combustible a renchéri : davantage d’heures se paient au prix fort. Les échéances d’hiver en portent la trace (elles ont progressé pendant que septembre baissait) et le trimestre octobre-décembre a inscrit un plus haut historique à 121,7 €/MWh le 21 août.